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Activités du Tribunal

Le 29 août 1945 une liste officielle des mises en accusation est présentée. Elle comprend 24 noms, soit:

  • Dönitz Karl , Amiral, Commandant en chef de la flotte allemande;
  • Frank Hans, Gouverneur général des territoires polonais occupés;
  • Frick Wilhelm, Ministre de l'Intérieur, protecteur de Bohême-Moravie;
  • Fritzsche Hans, Responsable de la presse et de la radio au Ministère de la propagande;
  • Funk Walther, Ministre de l'Economie et Président de la Reichsbank;
  • Göring Hermann, Commandant en chef de la Luftwaffe, Ministre de l’Air, Premier Ministre de Prusse, Président du Reichstag, Maréchal du Reich;
  • Hess Rudolf, Chef de la Chancellerie du parti nazi; successeur désigné de Adolf Hitler;
  • Kaltenbrunner Ernst, chef de la police de Vienne puis de l'Office suprême de sécurité du Reich (RSHA);
  • Raeder Erich, Amiral, Commandant en chef de la flotte allemande jusqu'en 1943;
  • Sauckel Fritz, plénipotentiaire pour la Mobilisation des Travailleurs;
  • Streicher Julius, Chef du parti nazi en Franconie et éditeur du journal «Der Stürmer»;

Des organisations ont également été mises en accusation:

  • le Cabinet du Reich;
  • le Corps des chefs politiques du parti nazi NSDAP;
  • la SS (Schutzstaffeln der Nationalsozialistischen Deutschen Arbeitspartei), y compris le service de sécurité (SD);
  • la Gestapo, police secrète d’Etat;
  • la SA (Sturmabteilungen der Nationalsozialistischen Deutschen Arbeiter Partei);
  • l’Etat-major général;
  • le Haut commandement des forces armées allemandes.

Deux accusation ne sont pas menées à terme: Robert Ley se suicide avant le procès et Gustav Krupp von Bohlen und Halbach est déclaré médicalement inapte pour un procès. Martin Bormann est pour sa part jugé par coutumace.

En 218 jours d’audience, le tribunal entend près de 360 témoins et prend connaissance d’environ 200'000 attestations écrites sous serment.

Les accusés plaident tous non coupables. Le tribunal rend les premières sentences le 1er octobre 1946. Les verdicts rendus sont douze condamnations à mort par pendaison, neuf condamnations à des peines d’emprisonnement à vie ou à temps et trois acquittements. Quatre organisations, soit le NSDAP, la SS, le SD et la Gestapo, sont jugées «organisations criminelles».

Dix condamnés à mort sont pendus le 16 octobre 1946, Martin Bormann ayant été condamné par coutumace et Hermann Goering s’étant suicidé dans sa cellule le 15 octobre 1946. Les corps des condamnés sont incinérés dans un crématoire de Munich et leurs cendres jetées dans une rivière. Les condamnés à des peines d’emprisonnement sont transférés à partir du 18 juillet 1947 à la prison des Alliés de Berlin-Spandau, réservée à la détention des criminels de guerre.

Des procès subséquents au TMI de Nuremberg ont eu lieu dans les différentes zones militaires alliées pour le jugement des criminels dits «mineurs», en vertu de la Loi N°10 du Conseil de Contrôle des forces alliés du 20 décembre 1945. L’adoption de la Loi N°10 visait à créer une base juridique uniforme pour les poursuites judiciaires des responsables allemands dans les quatre zones d’occupation des Alliés. En vertu de cette loi, les procès des responsables allemands pour des crimes commis contre la population allemande ont pu être renvoyés à des tribunaux allemands. Cette procédure a été mise en oeuvre par les forces françaises, anglaises et soviétiques. En vertu de cette loi, le Bureau du gouvernement des Etats-Unis pour l’Allemagne a mené sous sa propre égide militaire douze procès contre des responsables allemands – juristes, médecins, membres des SS, industriels ou financiers, fonctionnaires à Nuremberg. 142 des 185 accusés ont été condamnés, parmi lesquelles 24 personnes ont été condamnées à mort (11 sentences ont ultérieurement été converties en détention à vie), 20 accusés ont été condamnés à l’emprisonnement à vie et 98 à des peines d’emprisonnement limitées. 35 accusés ont été acquittés. De plus, quatre accusés ont été déclarés médicalement inaptes à être jugés et quatre autres accusés se sont suicidés durant la procédure.

Des milliers de procès se sont déroulés dans les décennies suivantes devant des tribunaux britanniques, français, soviétiques et américains et autres. Les tribunaux militaires américains ont intenté des procédures contre 1941 personnes. Des tribunaux militaires britanniques ont mené des procès entre autre en Italie et aux Pays-Bas principalement à l’encontre de collaborateurs des camps de concentration. Les tribunaux français ont été actifs non seulement dans la zone occupée, mais également en Afrique du Nord et sur le territoire français. Outre les procédures contre les criminels nazis, la France a jugé des collaborateurs du régime de Vichy. L’Union soviétique a principalement jugé des collaborateurs des camps de concentration. D’autres Etats ont mené des procès contre des collaborateurs du régime nazi, notamment la Belgique, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie et Israël.

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