Ex-ministre tunisien à Genève: des ONG portent plainte
Dépêche ATS, samedi 20 septembre 2003
GENÈVE - A Genève, deux ONG ont manifesté contre la présence d'un ex-ministre de l'intérieur tunisien accusé d'être le responsable de la torture pratiquée dans les années 80. Elles ont exigé son arrestation. Le parquet genevois n'est pas entré en matière.
Une vingtaine de militants de Trial (Track Impunity Always) et de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) ont manifesté samedi matin devant un hôtel genevois où est censé séjourner Habib Ammar, a indiqué Philip Grant, président de Trial.
L'ancien général Habib Ammar est venu à Genève dans le cadre d'une réunion préparatoire au Sommet mondial de l'information prévu en décembre prochain. Selon M. Grant, il a été vu dans l'hôtel en question à plusieurs reprises la semaine dernière, ainsi qu'au bord du lac et au siège de l'UIT, l'Union internationale des télécommunications.
M. Grant n'était pas en mesure de dire si M. Ammar se trouve toujours en Suisse. La réunion préparatoire est prévue jusqu'à vendredi prochain. Ni l'ambassade de Tunisie à Berne ni la mission tunisienne auprès de l'ONU n'étaient en mesure de fournir des informations sur la présence de l'ancien ministre en Suisse.Invoquant la Convention contre la torture de l'ONU, que la Suisse a ratifiée, les deux ONG avaient porté plainte mercredi dernier auprès du procureur général de Genève Daniel Zappelli. Ce texte oblige les Etats contractants à arrêter et à juger les tortionnaires présents sur leur territoire.
Mais vendredi après-midi, le parquet genevois a fait savoir aux avocats des victimes qui se sont jointes à la procédure qu'aucune suite ne serait donnée à la plainte, a expliqué M. Grant. Aucune motivation écrite n'a pour l'heure été donnée, a-t-il ajouté.

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