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A deux ans de la fin programmée des procès au Tribunal pénal international pour le Rwanda (du moins en première instance; les procédures d’appel dureront pour leur part jusqu’en 2010), le temps des bilans est déjà arrivé. Et celui que dresse André-Michel Essoungou n’est pas glorieux.
Une justice lente (seulement 25 jugements rendus en 12 ans, contre 65 au Tribunal pénal international pour l’Ex-Yougoslavie durant la même période), une bureaucratie incompétente, des scandales à répétition, des choix stratégiques désastreux. Cette justice internationale ne peut se gausser de beaucoup de succès, même s'il faut lui reconnaître que plusieurs gros poissons sont sous les verrous, pour certains jusqu'à la fin de leurs jours.
La faute au TPIR ? Pas seulement. Les pressions politiques s’exerçant sur le Tribunal d’Arusha lui interdisent en effet de mener à bien sa mission. En particulier, aucune poursuite n’a jamais pu être engagée contre des responsables du Front patriotique rwandais. Le nouveau pouvoir à Kigali s’y est opposé par tous les moyens, menaçant le Tribunal de paralysie en lui refusant toute coopération. La chronique d'André-Michel Essoungou ne laisse guère d’espoir que le TPIR redresse la barre avant de fermer ses portes.
L'Harmattan, Paris 2006, 264 pages.Préface de Patrick de Saint-Exupéry
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