Chambres spéciales pour les crimes graves - Timor-Leste
Repères historiques
Le 30 août 1999, sous les auspices des Nations Unies, un référendum d’autodétermination est organisé au Timor Oriental.
Ancienne colonie portugaise, le Timor Oriental a été envahi par l’armée indonésienne au mois de décembre 1975. Une féroce répression s’en est suivie, qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de Timorais, probablement près de 200 000. La résistance timoraise a tenté pendant longtemps, en vain, d'attirer l'attention de la communauté internationale sur le véritable génocide perpétré par les forces armées indonésiennes.
Ce n’est véritablement qu’après la destitution du Président Suharto que les événements se sont accélérés. En juin 1999, le Président Habibie a annoncé soudainement qu’un référendum d’autodétermination se tiendrait deux mois plus tard au Timor oriental. Le jour du vote, le 30 août 1999, quelque 98 % des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes et ont décidé – par 344’580 voix (78,5 %) contre 94’388 voix (21,5 %) – de rejeter l'autonomie proposée et d'engager un processus de transition vers l’indépendance.
Après l'annonce du résultat, des milices favorables à l'intégration, soutenues parfois par des éléments des forces de sécurité indonésiennes, ont lancé une campagne d'actes de violence, de pillages et d'incendies sur l'ensemble du territoire. Les autorités indonésiennes n'ont pas réagi comme il fallait aux actes de violence, malgré les engagements clairement pris au titre des accords du 5 mai. De nombreux habitants du Timor oriental ont été tués et 500’000 d'entre eux au bas mot ont dû abandonner leurs foyers, dont une moitié environ étant contrainte, parfois par la force, de quitter le territoire.
Après la flambée de violence, les forces armées et la police indonésiennes ont commencé à se retirer du territoire, qu'elles ont fini par abandonner complètement. Les fonctionnaires de l'administration indonésienne sont eux aussi partis. Le 19 octobre 1999, l'Assemblée consultative du peuple indonésien a pris officiellement acte du résultat de la consultation. Peu après, le 25 octobre, le Conseil de sécurité des Nations Unies, par sa résolution 1272 (1999), a créé l'Administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental (ATNUTO), considérée comme une opération intégrée et multidimensionnelle de maintien de la paix, pleinement responsable de l'administration du Timor oriental pendant sa transition vers l'indépendance.
Des élections législatives se sont tenues en août 2001, et ont été largement remportées par l’ancien mouvement de libération FRETILIN. Son chef historique, Xanana Gusmão, a été élu président en avril 2002.
Le 20 mai 2002, le nouveau pays a accédé à l’indépendance, sous le nom de Timor-Leste. Le 27 septembre 2002, la République démocratique du Timor-Leste est entrée aux Nations Unies, comme 191ème Etat membre. Le 20 mai 2005, les forces de maintien de la paix des Nations unies ont quitté le pays.
Moins d’un an plus tard, entre les mois de février et de mai 2006 des violences ont éclaté dans le pays suite à une mutinerie de soldats originaires de la partie orientale du pays. Les échauffourées qui ont opposé les rebelles aux forces gouvernementales ont faire environ 37 morts et ont provoqué le déplacement de 155’000 personnes, soit 15% de la population du pays.
Une force internationale, avec à sa tête l’Australie, s’est déployée dans Dili et ses environs pour pacifier le nouvel Etat. Malgré quelques accrochages, les violences ont baissé d’intensité. Le 20 juin 2006, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1690, qui apporte son soutien à la force de maintien de la paix encadrée par l’Australie et prolonge jusqu’au 20 août le mandat du Bureau des Nations Unies au Timor Leste. Le 25 août 2006, le Conseil de sécurité adopte la résolution 1704 qui crée la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT), pour aider le gouvernement à «consolider la stabilité, promouvoir une culture de gouvernance démocratique et faciliter le dialogue politique entre les parties prenantes timoraises dans leurs efforts visant à lancer un processus de réconciliation nationale et à favoriser la cohésion sociale».
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