Tribunal Militaire International pour l’Extrême-Orient
Les origines du Tribunal Militaire International pour l’Extrême-Orient remontent au 1er décembre 1943 et à la Conférence du Caire, au cours de laquelle les trois Alliés que sont la Chine, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, décident qu’il convient de mettre un terme à la guerre ainsi que de punir l’agression japonaise. L’article 10 de la Déclaration de Potsdam de juillet 1945, réunissant à nouveau la Chine, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, exige que justice soit faite à l’égard de tous les criminels de guerre, et notamment de ceux qui ont infligé des mauvais traitements aux prisonniers. C’est dans l’acte de reddition des Japonais, le 2 septembre 1945, que sera notamment repris le contenu de la Déclaration de Potsdam et dans lequel le Commandement suprême des forces alliées s’engage à concrétiser les prescriptions qui y figurent. Mention est également faite de la remise en liberté immédiate des prisonniers de guerre alliés ainsi que des civils internés aux mains des forces japonaises. En parallèle, la Commission relative aux crimes des Nations Unies (créée à l’été 1943 à Londres), recommande également qu’un tribunal militaire international soit institué pour juger les crimes et les atrocités commis par les Japonais. En réponse à ces développements, le Département d’Etat américain adopte un instrument en vue de l’arrestation et de la sanction des criminels de guerre en Extrême-Orient, instrument qu’il notifie au Commandement suprême des forces alliés et à huit nations (Australie, Canada, Chine, France, Grande-Bretagne, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas et Union Soviétique).
C’est lors de la Conférence de Moscou que le siège du Tribunal sera fixé à Tokyo et c’est donc tout naturellement que le 19 janvier 1946 voit la création du Tribunal militaire international (TMI) pour l’Extrême-Orient, après que le Général étasunien Douglas MacArthur eut approuvé la Charte constitutive de ce Tribunal. À partir du mois de mai de la même année, commence le procès de 28 criminels de guerre japonais de Classe A (qui comprend les crimes contre la paix et ne vise que les hautes sphères du pouvoir ainsi que ceux qui ont planifié et dirigé la guerre), qui seront les seuls à être jugés parmi les 80 criminels de guerre de classe A alors aux mains des Alliés. Il convient de rappeler qu’à cette époque, le Japon se trouve sous occupation américaine, que les Etats-Unis fournissent les fonds et la main-d’oeuvre nécessaires au fonctionnement du tribunal et qu’ils en assument également la fonction de procureur en chef. Ces divers éléments semblent difficilement compatibles avec l’exigence d’impartialité qui devrait habiter un tel organe et laisse bien plutôt transparaître qu’il s’agit d’un simple outil institué pour rendre une justice de vainqueur.
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