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Protais Mpiranya

Recherché - Mandat d'arrêt
En fuite
Commandant du Bataillon de la Garde Présidentielle de l'État-major de l'Armée rwandaise

Protais Mpiranya est né dans la préfecture de Gitarama, au Rwanda. Il a été Commandant second des opérations militaires et des renseignements (S2 et S3) du bataillon de la garde présidentielle. En 1993, il a été nommé Commandant du bataillon de la garde présidentielle de l'État-major de l'Armée rwandaise. Il exerçait ainsi une autorité sur les unités de ce bataillon.

De fin 1990 à juillet 1994, Mpiranya aurait adhéré, exécuté et participé à l’élaboration d’un plan visant à l’extermination des Tutsis. Ce plan comportait, entre autres éléments, le recours à la haine et à la violence ethnique, l’entraînement et la distribution d’armes aux miliciens ainsi que la rédaction de listes de personnes à éliminer. Dans l’exécution de ce plan, il aurait organisé, ordonné et participé aux massacres.

Dès 1992, Mpiranya aurait supervisé l'entraînement des milices dans les préfectures de Ruhengeri, Cyangugu, Gisenyi, Butare et à Mutara, notamment dans les camps militaires de Gabiro, Gako, Mukamira et de Bigogwe. En 1993, Mpiranya aurait aussi envoyé des subordonnés pour superviser l'entraînement des Interahamwe (milices extrémistes hutues).

Il aurait aussi distribué des armes aux miliciens et à certains membres choisis de la population dans l'intention d'exterminer les Tutsis.

Le 5 janvier 1994, lors de la cérémonie prévue pour la prestation de serment du gouvernement de transition à base élargie, les Interahamwe ont organisé une manifestation en collaboration avec des membres de la garde présidentielle. A cette occasion, malgré plusieurs tentatives de la MINUAR pour négocier avec lui, Mpiranya aurait interdit l'accès au Conseil national de développement aux opposants politiques, particulièrement aux membres du parti libéral de l'aile de Lando. Ainsi, la prestation de serment des membres du gouvernement n'a pas eu lieu.

La MINUAR (Mission des Nations Unies pour l'Assistance au Rwanda) avait été instituée pour faciliter la mise en place des Accords d'Arusha, mais était perçue comme un obstacle par certains extrémistes de la classe politique. Ceux-ci ont donc adopté une stratégie visant à provoquer les militaires belges qui avaient le contingent le plus efficace et le mieux équipé de la MINUAR afin de provoquer leur retrait. Dans cet esprit, une campagne de propagande anti-belge a été menée.

Le 8 janvier 1994, des éléments de la Garde présidentielle sous le commandement de Mpiranya et du Bataillon Para-Commando en tenue civile, auraient participé à une manifestation avec des Interahamwe afin de provoquer les Belges. Ils auraient caché des armes aux alentours des lieux de la manifestation dans le but de tuer de militaires belges de la MINUAR. Finalement, aucune patrouille belge ne s'est présentée sur les lieux à cette occasion.

Dans la matinée du 7 avril 1994, à Kigali, le Premier Ministre, Madame Agathe Uwilingiyimana a été traquée, arrêtée, agressée sexuellement et tuée par des membres de l'Armée rwandaise, plus particulièrement ceux de la Garde présidentielle sous le contrôle du Major Protais Mpiranya. Parallèlement à cet assassinat, des membres de l'Armée rwandaise ont arrêté, séquestré et tué des leaders importants de l'opposition et des personnalités importantes de la communauté tutsie, tels que le président de la Cour constitutionnelle, Joseph Kavaruganda, le président du PSD et Ministre de l'Agriculture, Frédéric Nzamurambago, le Vice-président du PL et Ministre du Travail et des Affaires Sociales, Landoald Ndasingwa, ainsi qu'un membre du bureau politique du MRD et Ministre de l'Information, Faustin Rucogoza. Dans la même matinée, les 10 Para-Commandos belges de la MINUAR qui protégeaient le Premier Ministre ont été assassinés au camp de Kigali, notamment par des membres de la Garde présidentielle. Cela a provoqué le retrait du contingent belge le 13 avril 1994 et une réduction drastique du personnel civil et militaire de la MINUAR.

Le 7 avril 1994 au matin, Mpiranya, après avoir été informé par ses soldats que le Ministre de l'information, Faustin Rucogoza, ainsi que son épouse, étaient détenus au camp de la Garde présidentielle, leur aurait demandé pourquoi ils les gardaient. Immédiatement après, Rucogoza et son épouse ont été assassinés par de militaires de la Garde présidentielle à l'intérieur de leur camp.

A partir du 7 avril 1994, des massacres de Tutsis incluant à plusieurs occasions des viols, des agressions sexuelles et d'autres crimes de nature sexuelle et l'assassinat de nombreux opposants politiques ont été commis par des civils et militaires sous les ordres de Mpiranya.

En juillet 1994, face à l’avancée des troupes du FPR (Front patriotique rwandais, mouvement d'opposition composé essentiellement de réfugiés tutsis et dirigé par Paul Kagame), Mpiranya a fui le Rwanda sans doute en direction de la République démocratique du Congo. A ce jour, il n'a pas encore été arrêté.

Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

Informations

Rwanda 2012 1990  - 07.1994 0
Génocide
Crimes de guerre
Crimes contre l'humanité
Atteinte à la vie
Atteinte à l’intégrité physique
Autres persécutions et apartheid
02.11.2012

Bibliographie

icl-f

Éclairage

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