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Alfredo Astiz

Condamné
Condamné par contumace en France; Condamné à la prison à perpétuité en Argentine le 26 octobre 2011.
Lieutenant puis capitaine de corvette

En 1985, la France lance un mandat d’arrêt international contre l’« Angle blond », dans l’affaire concernant Soeur Alice Domon et Soeur Léonie Duquet, enlevées les 8 et 10 décembre 1977. En l'absence de convention d'extradition entre la France et l’Argentine, Astiz reste toutefois en Argentine.

En 1987, en Argentine, s’ouvre finalement au Tribunal Fédéral de Buenos Aires le procès concernant les deux religieuses. La plainte concerne 21 officiers et sous-officiers de la Marine, dont Alfredo Astiz. Seize témoins comparaissent mais tous sont d’anciens militants Montoneros, une organisation appartenant à la guérilla sous la dictature. Ils seront qualifiés de “partisans” et leurs témoignages ne seront pas pris en compte. L’Ange blond ressort libre du procès, acquitté pour faute de preuves.

Le 20 octobre 1989, la France annonce le procès par contumace d’Alfredo Astiz, pour son implication dans les disparitions des deux religieuses. La Chambre d’accusation de Paris renvoie Astiz, accusé de complicité d’arrestations illégales et de séquestration de personnes avec tortures corporelles, devant la Cour d’Assises. Le 16 mars 1990, le procès s’ouvre devant la Cour d’Assises de Paris. Astiz est condamné à la prison à perpétuité. Par cette condamnation, la France “emprisonne” Astiz en Argentine, car tout pays engagé par une convention d’extradition avec la France peut désormais l’arrêter.

En juillet 2001, puis en novembre de la même année, sont lancés deux mandats d'arrêt internationaux contre Alfredo Astiz. Le premier dans une affaire italienne (l’enlèvement de Angela Maria Aieta, Juan Pegoraro et sa fille Susanna), et le second par la justice suédoise (l’enlèvement et le meurtre de Dagmar Hagelin). Les deux demandes seront rejetées quelques mois plus tard.

En juillet 2003, encore une fois, Astiz est arrêté chez lui, à Mar del Plata. Le même jour est abrogé le décret argentin interdisant l’extradition. La France demande le surlendemain son extradition. Début septembre, Astiz est remis en liberté, pour être réarrêté le 16. L’Argentine refuse l’extradition vers la France le 23 septembre 2003. Astiz ressort, encore une fois, libre.

Le 14 mars 2003, il est condamné pour détention illégale, torture et disparition forcée par la cour d’assise de Rome. Le 24 avril 2008, la cour d’assise d’appel de Rome confirme ce verdict et Alfredo Astiz est condamné à la prison à vie. Le 26 février 2009, la Cour de cassation italienne a rendu ce verdict définitif.

Le 11 décembre 2009, Alfredo Astiz, Ricardo Cavallo, Jorge Acosta et des autres militaires sont accusés par la justice argentine d'être impliqués dans la commission des crimes contre la humanité à l'ESMA (l'École de mécanique de la marine).

Le 26 octobre 2011, après avoir rejeté les demandes d’inconstitutionnalité, de nullité, de prescription, de violation de la chose jugée et d’extinction de l’action pénale, sollicités par son avocat, le Tribunal Oral Fédéral No.5, a émis une sentence à l’encontre de Astiz le condamnant à la prison à perpétuité pour sa participation en qualité d’auteur aux délits de privation illégitime de liberté doublement aggravées par son statut de fonctionnaire et pour avoir été commis avec violence, d’imposition de torture aggravée sur des opposants politiques, d’homicide aggravé avec préméditation et de vol aggravé.

Ces délits ont été commis en préjudice de 18 personnes dans l’Ecole de mécanique de l’Armée (ESMA) durant la dictature militaire de 1976 à 1983. Le procès a duré presque deux ans. Au cours du procès plus de 150 personnes ont témoigné dont 80 survivants.

Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

Informations

Argentina 17.11.1950 Buenos Aires (Argentine) 1976  - 1983 0
16.03.1990
Torture
Crimes de guerre
Disparitions forcées
21.03.2012
icl-f

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