Moinina Fofana est né en 1950 dans le Chiefdom de Nongoba Bullom, district de Bonthe dans le sud de la Sierra Leone. Avant son arrestation, il était le porte-parole du Chiefdom de Nongoba Bullom («Chiefdom Speaker»).
Selon l’acte d’accusation, Moinina Fofana était un membre dirigeant des Civil Defence Forces (CDF) et Directeur National de la Guerre («National Director of War») des CDF. En tant que tel, il était connu et considéré comme l’un des dirigeants des CDF à l’instar de Samuel Hinga Norman et Allieu Kondewa, également inculpés dans la même procédure. Comme Allieu Kondewa, Moinina Fofana recevait ses ordres de Samuel Hinga Norman, auquel il était directement subordonné. Tous les trois ensemble, ils étaient en charge des décisions stratégiques et opérationnelles des CDF.
Moinina Fofana aurait dirigé les CDF en l’absence de Samuel Hinga Norman et aurait été considéré comme celui étant directement en charge après Samuel Hinga Norman («second in charge»). Comme Directeur National de la Guerre, il est considéré comme ayant été directement responsable de la mise en œuvre de la politique et de la stratégie relative à la conduite de la guerre. Il aurait été en charge de la liaison avec les commandants sur le terrain, de la supervision et du suivi des opérations. Il aurait donné et reçu les rapports sur les opérations de ses commandants et leur aurait fourni l’appui logistique nécessaire, y compris les armes et les munitions. En plus de ses fonctions au niveau national, Moinina Fofana aurait été le commandant d’un des bataillon des CDF.
D’après l’acte d’accusation, et compte tenu de sa position au sein des CDF tel que spécifiée ci-dessus, Moinina Fofana a exercé un contrôle et une autorité hiérarchique sur tous les membres des CDF qui lui étaient subordonnés.
Le plan de Moinina Fofana, partagé par les autres membres dirigeants des CDF, était de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre en échec militaire les forces de l’alliance constituée par le Revolutionary United Front (RUF) et les Armed Forces Revolutionary Council (AFRC), ce pour acquérir le contrôle du territoire de la Sierra Leone. Ceci comprenait la prise de contrôle des populations civiles ainsi que l’élimination totale des forces de l’alliance RUF/AFRC, de celles de leurs partisans et sympathisants et de toutes autres personnes qui n’auraient pas activement résisté aux forces RUF/AFRC.
Dans plusieurs parties du pays, les CDF auraient entrepris des actions militaires contre les forces RUF/AFRC. Ces actions auraient consisté en particulier en des attaques contre des civils suspectés de «collaborer» avec les forces RUF/AFRC. Ces civils, aussitôt identifiés comme collaborateurs étaient éliminés. De tels actes auraient inclus également des pillages et destructions par le feu de villages, ainsi que des atteintes à l’intégrité physique et étaient destinés à terroriser les populations civiles.
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.
Informations
Sierra Leone
1950Freetown (Sierra Leone)
10.1997
- 12.1999
03.06.2004
- 28.05.2008
Crimes de guerre
Crimes contre l'humanité
Atteinte à la vie
Atteinte à l’intégrité physique
Méthodes ou moyens de combat interdits
Protection des personnes 10.08.2010