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Zdravko Tolimir

Inculpé
Arrêté en Bosnie-Herzegovine le 31 mai 2007; transféré au TPIY; ouverture du procès le 26 février 2010
Commandant adjoint chargé du renseignement et de la sécurité, au sein de l’état-major principal de la VRS

Zdravko Tolimir est né le 27 novembre 1948, à Glamoc, en Bosnie-Herzégovine. En qualité de commandant adjoint chargé du renseignement et de la sécurité, au sein de l’état-major principal de l’armée des Serbes de Bosnie (VRS), Zdravko Tolimir était l’un des sept commandants adjoints qui rendaient directement compte au commandant de l’état-major principal, le général Ratko Mladic.

Selon l’acte d’accusation, de par ses fonctions l’accusé avait connaissance du projet visant à chasser la population musulmane des enclaves de Srebrenica et de Zepa, et a participé à l’exécution de ce projet.

Ainsi, le 6 juillet 1995, ou vers cette date, conformément à l’ordre donné par le général Zivanovic le 2 juillet 1995, des unités du corps de la Drina ont bombardé Srebrenica et attaqué des postes d’observation tenus par le bataillon néerlandais des Nations unies (Dutchbat) situés dans l’enclave. Le 9 juillet 1995, le président Karadzic a modifié l’ordre initial et approuvé la prise de l’enclave de Srebrenica. L’ordre a été transmis par le général Zdravko Tolimir au général Radislav Krstic, au poste de commandement avancé du corps de la Drina. L’attaque lancée par le corps de la Drina contre l’enclave de Srebrenica, notamment son pilonnage, et les attaques contre d’autres postes d’observation des Nations unies se sont poursuivies jusqu’au 11 juillet 1995, date à laquelle les forces de la brigade de Zvornik, de la brigade de Bratunac, du 10e détachement de sabotage et d’autres unités de la VRS sont entrées dans Srebrenica. Le 11 juillet 1995, des avions de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord ont lâché des bombes pour tenter d’arrêter la VRS. En dépit de ces efforts, Srebrenica est tombée aux mains de la VRS le 11 juillet 1995.

Pendant la période où elle attaquait Srebrenica, la VRS s’efforçait également de chasser la population musulmane de l’enclave de Zepa. Trois négociations distinctes ont eu lieu entre la VRS et les représentants des Musulmans de Bosnie de l’enclave de Zepa. Au cours de ces négociations, les représentants de la VRS ont tenté de forcer la population à quitter l’enclave, sous la menace d’une attaque militaire. La première série de négociations a eu lieu le 13 juillet 1995. Lors de cette réunion, le commandant de la brigade de Rogatica, le colonel Rajko Kusic, accompagné du général Zdravko Tolimir et de représentants des autorités locales de Bosnie, se sont rencontrés au poste de contrôle ukrainien de la force de protection des Nations unies en faction sur les hauteurs de Zepa. Les Serbes de Bosnie ont dit que « Srebrenica était tombée et [que] maintenant c’était au tour [de Zepa] ».

Zdravko Tolimir a alors placé les représentants des Musulmans de Bosnie de Zepa devant une alternative: soit toute la population pouvait être «évacuée» de la même manière qu’à Srebrenica, soit les Serbes de Bosnie lanceraient une opération militaire. Les représentants des Musulmans de Bosnie ont décidé de rejeter la proposition serbe en l’état. Tôt dans la matinée du 14 juillet 1995, le commandement de la VRS a lancé une attaque de grande envergure contre l’enclave de Zepa. Dans la soirée du 14 juillet 1995, les Serbes de Bosnie sont entrés dans l’enclave par le nord-ouest, ont repris certaines terres et incendié des villages.

Les deuxième et troisième séries de négociations entre la VRS et les représentants des Musulmans de Bosnie de l’enclave ont eu lieu le 19 et le 24 juillet 1995, toujours en présence de l’accusé.

Le transport des femmes et des enfants de Zepa a commencé le 25 juillet 1995. Le même jour, ou vers cette date, des centaines d’hommes musulmans, aptes au combat pour la plupart, ont commencé à traverser la Drina pour se réfugier en Serbie où le Comité international de la Croix-Rouge a enregistré bon nombre d’entre eux avant de les laisser partir. Les hommes musulmans ont fui en Serbie parce qu’ils craignaient qu’on leur fasse du mal ou qu’on les tue s’ils se rendaient à la VRS.

Selon l’acte d’accusation, Zdravko Tolimir est accusé d'avoir fait partie d'une « entreprise criminelle commune », avec d’autres membres de l’armée et du ministère de l’intérieur (identifiés dans l’acte d’accusation). Le but de cette entreprise criminelle était, d’une part, de faire transférer de force les femmes et les enfants de l’enclave de Srebrenica vers Kladanj les 12 et 13 juillet 1995; et d’autre part de capturer, détenir, exécuter sommairement et enterrer les Musulmans bosniaques, hommes et jeunes garçons, âgés de 16 à 60 ans entre les 12 et 19 juillet 1995.

L’entreprise criminelle commune, dont Zdravko Tolimir était membre et participant, a été conçue par le Général Ratko Mladic et ses complices les 11 et 12 juillet 1995, et réalisée par les membres de l’armée serbe et les forces de police du ministère de l’intérieur durant l’attaque de l’enclave de Srebrenica.

Dans les jours qui ont suivi l’attaque de Srebrenica, les forces de l’armée ont en effet capturé, détenu, exécuté sommairement, puis enterré plus de 8’000 Musulmans bosniaques, hommes et jeunes garçons. L’armée a ensuite déplacé par la force les femmes et les enfants de Srebrenica hors de la ville.

Zdravko Tolimir a été arrêté le 31 mai 2007 par les polices serbe et bosniaque à Banja Luka, en Bosnie-Herzégovine. Le lendemain, il a été transféré au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.

Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

Informations

Bosnia and Herzegovina 27.11.1948 La Haye (Pays-Bas) 07.1995  - 11.1995 0
Génocide
Crimes de guerre
Crimes contre l'humanité
Atteinte à la vie
Atteinte à l’intégrité physique
Atteinte à la liberté
Protection des personnes
10.08.2010
icl-f

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