Le 13 décembre 1994, le Procureur spécial ouvre devant la Haute Cour fédérale, à Addis Abeba, un procès fleuve contre de nombreux anciens responsables du Derg. L’acte d’accusation établi contre 73 accusés, dont plus d’une vingtaine sont en fuite à l’étranger, leur reproche la participation à des actes de génocide et à de multiples violations des droits de l’homme. L’acte d’accusation se fonde sur des centaines de milliers de pages de documents gouvernementaux, dont de nombreux portent la signature d’anciens hauts responsables. Parmi les crimes décrits dans l’acte d’accusation figurent le meurtre de 1'823 victimes identifiées, dont l'ancien empereur, des atteintes à l'intégrité corporelles de 99 victimes identifiées et la disparitions de 194 personnes identifiées. La politique de déplacement forcé de population, qui causera la mort d'environ 100'000 personnes au milieu des années '80 apparaît également dans l'acte d'accusation.
En parallèle, les autorités de poursuite ont mis en accusation des milliers d’autres personnes. Le Procureur spécial annonce ainsi en 1997 la mise en accusation supplémentaire de 5'198 personnes pour crimes commis durant la régime du Derg, dont 2'246 se trouvent en détention. En mai 2001, le Procureur spécial, Girma Wakjira, présente devant le parlement éthiopien un bilan des procédures engagées. Il rappelle que 6’180 cas ont été enregistrés et 1’181 verdicts rendus. Onze condamnations à mort ont été prononcées et sept condamnations à perpétuité.
Selon Amnesty International, qui se réfère à des chiffres officiels communiqués mi-2003, depuis le début des procès en 1994, 1'017 personnes ont été jugées – parmi lesquelles 552 ont été condamnées – et 3'426 autres attendaient toujours d’être traduites en justice. Au cours de l’année 2003, six accusés ont été condamnés à mort et d’autres se sont vu infliger des peines d’emprisonnement.
La condamnation prononcée en décembre 2006 a mis un terme au long procès mené à l’encontre Mengistu ainsi que 72 autres membres du Derg. Selon les rapports des médias, tous les accusés ont été condamnés pour génocide ainsi que crimes contre l’humanité, à l’exception d’un des accusés qui a pu prouver qu’au moment des faits en question il se trouvait en prison.
Sources :
· Amnesty International, http://web.amnesty.org/report2004/eth-summary-fra
· Prevent Genocide, http://www.preventgenocide.org/punish/domestic/index.htm |