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 |  |  |  | Augustin Bizimana |  | | contexte : | Rwanda  | | lieu du procès : | TPIR (Rwanda)  | | statut : | Recherché - Mandat d'arrêt | | description du statut : | En fuite | | fonction : | Ministre de la Défense Nationale | |
|  | |  | Augustin Bizimana est né en 1954, dans la commune de Gitzua, située dans la préfecture de Byumba, au Rwanda.
Au moment des faits, Bizimana exerçait les fonctions de Ministre de la Défense
Nationale au sein du Gouvernement Intérimaire. Auparavant, il avait déjà occupé ce poste au sein du 3ème gouvernement pluraliste du 18 Juillet 1993.
En cette sa qualité, il était à tout moment informé de la situation sociopolitique du
pays. Il avait la responsabilité de contrôler la détention d’armes et d’explosifs par la population civile. De plus, Bizimana exerçait une autorité sur l’ensemble des Forces Armées Rwandaises (FAR).
De fin 1990 à juillet 1994, Bizimana aurait participé à l’élaboration d’un plan visant à l’extermination des Tutsis. Ce plan comportait, entre autres éléments, le recours à la haine et à la violence ethnique, l’entraînement et la distribution d’armes aux miliciens ainsi que la rédaction de listes de personnes à éliminer. Dans l’exécution de ce plan, il aurait organisé, ordonné et participé aux massacres.
A partir de 1992, pour faciliter les massacres, les agents du service de renseignements du G-2 de l’Armée Rwandaise ont confectionné des listes de personnes de Tutsi et Hutu modérés à éliminer. Durant la période où Augustin Bizimana était Ministre de la Défense, ces listes ont été régulièrement mises à jour, allègue le Parquet.
Selon l’Accusation, entre juillet 1993 et juillet 1994, Augustin Bizimana a encouragé et favorisé l’obtention d’armes pour les militants du MRND (Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement, le parti présidentiel). Le 7 janvier 1994, il a participé à une réunion au quartier général du MRND, pour s’opposer au programme de désarmement. Le 25 mai 1994 le Gouvernement Intérimaire, dont Bizimana faisait partie, a adopté le programme d’auto-défense civile. Ce programme visait à légaliser d’une part la distribution des armes aux miliciens et d’autre part à légitimer les massacres de la population civile.
L’Accusation poursuit qu’entre le 9 avril et le 14 juillet 1994, de nombreuses réunions du Conseil des Ministres se sont tenues, au cours desquelles des directives et instructions ont été données aux préfets, qui visaient à inciter, encourager et aider à commettre les massacres. Pour s’assurer de la mise en oeuvre de celles-ci, un ministre a été désigné responsable dans chaque préfecture pour ce que l'on appelait « la pacification ».
Entre le 11 avril et le 14 juillet 1994, Bizimana se serait rendu officiellement, seul ou avec d’autres, dans plusieurs préfectures, en vue de contrôler la mise en oeuvre des instructions données par le gouvernement. Lors des nombreux déplacements à travers le pays, Bizimana aurait franchi des barrages, devant lesquels des cadavres étaient jonchés. Par ailleurs, Bizimana aurait assisté devant une barrière, à l’exécution de deux Tutsi par un membre de son escorte, sans intervenir pour empêcher la commission du crime.
Par ailleurs, Bizimana aurait été au courant des massacres commis contre le personnel Tutsi du Centre Hospitalier de Kigali. Il aurait aussi été informé de la
situation dans l’école d’infirmières, où, à plusieurs reprises entre avril et juin 1994, des militaires et des miliciens Interahamwe (milices extrémistes Hutu) ont enlevé et violé des étudiantes et des réfugiées Tutsi.
Sachant que des massacres étaient commis contre la population civile, Augustin Bizimana, en tant que Ministre de la Défense ayant autorité sur l’ensemble des Forces Armées Rwandaises, n’a pris aucune disposition pour les arrêter. Au contraire, il a refusé d’intervenir pour contrôler la population tant qu’un accord de cessez-le-feu n´était pas ordonné, conclut le Procureur.
Augustin Bizimana a pris la fuite en juillet 1994. Il se serait réfugié en République Démocratique du Congo (RDC). |  | pour en savoir plus... |  | Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente. |  |  |  | | catégories de crime : | | | Crimes contre l'humanité Crimes de guerre Génocide Torture |  | | dernière modification du profil : | | | 08.03.2010 |
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