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 |  |  |  | Augustin Bizimungu |  | | contexte : | Rwanda  | | lieu du procès : | TPIR (Rwanda)  | | statut : | En jugement | | description du statut : | Son procès s'est ouvert le 20 septembre 2004 devant le TPIR; jugement attendu le 30 septembre 2010 | | fonction : | Chef d'État-major de l'Armée Rwandaise | |
|  | |  | Augustin Bizimungu est né le 28 août 1952 à Nyange, préfecture de Byumba, au Rwanda. Il a été commandant des opérations militaires pour la préfecture de Ruhengeri. Le 16 avril 1994, il est nommé Chef d’Etat-Major de l’Armée Rwandaise. Il occupera ce poste jusqu’en juillet 1994. En cette qualité, il exerce une autorité sur l’ensemble des Forces Armées Rwandaises (FAR).
De fin 1990 à juillet 1994, Bizimungu aurait adhéré, exécuté et participé à l’élaboration d’un plan visant à l’extermination des Tutsis et des membres de l’opposition. Ce plan comportait, entre autres éléments, le recours à la haine et à la violence ethnique, l’entraînement et la distribution d’armes aux miliciens ainsi que la rédaction de listes de personnes à éliminer. Dans l’organisation de ce plan, il aurait organisé, ordonné et participé aux massacres.
Plusieurs officiers supérieurs de l’Armée Rwandaise, parmi lesquels Bizimungu, auraient publiquement déclaré que l’extermination des Tutsi serait la conséquence inévitable de toute reprise des hostilités par le FPR (Front patriotique rwandais, mouvement d'opposition composé essentiellement de réfugiés tutsis et dirigé par Paul Kagame) ou de la mise en œuvre des Accords d’Arusha. En février 1994, Bizimungu aurait déclaré que si le FPR attaquait à nouveau, il ne voulait plus voir un seul Tutsi vivant dans son secteur opérationnel.
Dès 1992, l’entraînement des milices a été supervisé par des militaires, dont Bizimungu aurait fait partie. Ces entraînements, qui se sont tenus dans des camps militaires et dans les forêts avoisinantes, ont eu lieu dans plusieurs préfectures du pays simultanément, dont celle de Ruhengeri où Bizimungu aurait supervisé l’entraînement des miliciens en collaboration avec des autorités civiles locales, tels que bourgmestres et conseillers de secteurs.
Bizimungu aurait distribué des armes aux miliciens et à certains membres soigneusement choisis de la population civile dans l’intention d’exterminer la population Tutsi et d’éliminer ses "complices". Dès 1992, en sa qualité de commandant du secteur opérationnel de la préfecture de Ruhengeri, Bizimungu aurait distribué des armes aux miliciens soit directement, soit par l’entremise de ses subordonnés, des bourgmestres et des conseillers de secteur.
Entre avril et juillet 1994, plusieurs officiers de l’Armée Rwandaise, parmi lesquels le général Bizimungu, auraient ordonné, encouragé et soutenu les massacres de la population Tutsi et des Hutu modérés. Vers le 18 mai 1994, lors d’une réunion à laquelle Bizimungu aurait assisté, ces officiers se seraient félicités de la performance des miliciens et auraient souligné la nécessité de mieux les armer.
Entre le 10 et le 15 avril 1994, plusieurs Tutsi qui fuyaient les massacres sur leur colline ont cherché refuge dans la préfecture de Ruhengeri. Sur ordre de Bizimungu, certains de ces réfugiés auraient été conduits dans l’enceinte de la Cour d’Appel de Ruhengeri, où leur sécurité devait être assurée par la gendarmerie. Dans les heures qui ont suivi, les réfugiés ont été tués par des civils armés. Pour dissimuler ce massacre, Bizimungu aurait ordonné de diffuser un communiqué à la radio, alléguant qu’une attaque du FPR était responsable de la mort de ces réfugiés.
D’avril à juillet 1994, les officiers de l’Etat-major de l’Armée, parmi lesquels Bizimungu, ont participé à des réunions quotidiennes où ils ont été informés des massacres perpétrés contre la population civile Tutsi et les Hutu modérés.
D’avril à juillet 1994, de par leurs fonctions, leurs propos, les ordres qu’ils ont donnés et leurs actes, Bizimungu ainsi que le Général Augustin Ndindiliyimana, le Major Protais Mpiranya, le Major François-Xavier Nzuwonemeye et le Capitaine Innocent Sagahutu (cf. «ramifications») auraient exercé une autorité sur les membres des FAR, leurs officiers et les miliciens. Ces militaires, gendarmes et miliciens ont commis dès le 6 avril des massacres contre la population Tutsi et les Hutu modérés ainsi que d’autres crimes, incluant viols, agressions sexuelles et d’autres crimes de nature sexuelle, qui se sont étendus sur l’ensemble du territoire rwandais à la connaissance de Bizimungu, Ndindiliyimana, Mpiranya, Nzuwonemeye et de Sagahutu.
D’avril à juillet 1994, dans toutes les régions du pays, des membres de la population Tutsi qui fuyaient les massacres sur leurs collines ont cherché refuge dans des endroits qu’ils croyaient sûrs, souvent sur recommandation des autorités locales, civiles et militaires. Dans plusieurs de ces endroits, malgré la promesse qu’ils seraient protégés par les autorités locales, civiles et militaires, les réfugiés auraient été attaqués, enlevés et massacrés, par des militaires, des gendarmes et des miliciens, souvent sur les ordres ou avec la complicité de ces mêmes autorités. En outre, dans plusieurs de ces endroits, des militaires et des miliciens ont enlevé, tué et violé ou agressé sexuellement des femmes tutsies. Selon l’acte d’accusation, Augustin Bizimungu en sa qualité de Chef d’Etat Major de l’Armée Rwandaise et précédemment en sa qualité de Chef du secteur opérationnel de Ruhengeri savait ou avait des raisons de savoir que ses subordonnées s’apprêtaient à commettre des crimes ou les avaient commis et n’a rien fait pour prévenir la commission de ces crimes ou pour en punir les auteurs.
Sachant que des massacres étaient commis contre la population civile, les autorités politiques et militaires, dont Augustin Bizimungu faisait partie, n’auraient entrepris aucune initiative ou pris aucune mesure pour les arrêter. Au contraire, elles auraient refusé d’intervenir pour contrôler et faire appel à la population pour autant qu’un accord de cessez-le-feu n’était pas signé. Ce refus catégorique a été transmis au Rapporteur spécial par l’intermédiaire du Chef d’Etat Major de l’Armée Rwandaise, Augustin Bizimungu.
En juillet 1994, face à l’avancée des troupes du FPR, Bizimungu a fui le Rwanda. Le 12 août 2002, il a été arrêté à Luena, dans l’est de l’Angola, où il a été découvert parmi des combattants démobilisés de l’UNITA.
En outre, l’actuel gouvernement rwandais accuse Bizimungu d’avoir orchestré diverses attaques du territoire rwandais depuis la fin du génocide, à la tête d’ex-FAR ou de miliciens Interahamwe, à partir de la République démocratique du Congo.
Augustin Bizimungu a été arrêté, à la requête du Procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), le 12 août 2002 à Luena, dans l’est de l’Angola, où il a été découvert parmi des combattants démobilisés de l’UNITA. Le 14 août 2002, il a été transféré au quartier pénitentiaire des Nations Unies à Arusha en Tanzanie. |  | pour en savoir plus... |  | Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente. |  |  |  | | nationalité : | | | Rwanda |  | | date de naissance : | | | 28.08.1952 |  | | vu pour la dernière fois : | | | Arusha (Tanzanie) |  | | période du procès : | | | 20.09.2004 |  | | catégories de crime : | | | Crimes contre l'humanité Crimes de guerre Génocide |  | | dernière modification du profil : | | | 08.03.2010 |
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