Mettre le droit au service des victimes des crimes les plus graves
  Augustin Bizimungu
  Protais Mpiranya
  Augustin Ndindiliyimana
  Innocent Sagahutu
 Bibliography of the Rwandan Genocide
Wikipedia
 Le génocide rwandais: comment il a été préparé
Human Rights Watch, avril 2006
 The Rwandan Genocide - How It Was Prepared
Human Rights Watch, April 2006
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Francois-Xavier Nzuwonemeye

contexte : Rwanda Recherche
lieu du procès : TPIR (Rwanda) Recherche
statut : En jugement
description du statut : Son procès, intitulé "procès collectif Militaires 2", s'est ouvert le 20 septembre 2004 devant le TPIR
fonction : Commandant du Bataillon de Reconnaissance de l'armée rwandaise
faitsprocédure légale
François-Xavier Nzuwonemeye est né le 30 août 1955 dans la commune de Musasa, préfecture de Kigali-rural, au Rwanda. En 1993, il exerçait les fonctions de Commandant du 42ème Bataillon de l'Armée Rwandaise. Il a ensuite été nommé Commandant du Bataillon de Reconnaissance de l'Armée Rwandaise. Il a occupé ce poste jusqu’en juillet 1994. En cette qualité, il exerçait une autorité sur l’ensemble des unités de ce bataillon.

De fin 1990 à juillet 1994, Nzuwonemeye aurait adhéré, exécuté et participé à l’élaboration d’un plan visant à l’extermination des Tutsi et des membres de l’opposition. Ce plan comportait, entre autres éléments, le recours à la haine et à la violence ethnique, l’entraînement et la distribution d’armes aux miliciens ainsi que la rédaction de listes de personnes à éliminer. Dans l’organisation de ce plan, il aurait organisé, ordonné et participé aux massacres.

Pour mettre en oeuvre le plan d'extermination des Tutsi et des membres de l'opposition, dès fin 1992, les autorités militaires et civiles ont distribué des armes aux miliciens et à certains membres de la population civile. En raison de la prolifération des armes dans la préfecture de Kigali-ville, la MINUAR (Mission des Nations Unies pour l'Assistance au Rwanda) a mis en place un programme de désarmement, dénommé «Kigali Weapon Security Area» (KWSA). Ce programme est entré en vigueur au début de 1994.

Pour échapper au contrôle de la MINUAR en vertu du programme de désarmement, Nzuwonemeye aurait fait cacher une vingtaine de véhicules blindés et une dizaine de jeep, équipées de mitrailleuses du bataillon de Reconnaissance, dans la région de Gisenyi et à la résidence du Président de la République située à Kiyovu. Dès la nuit du 6 avril 1994, ces blindés ont été utilisés pour renforcer les barrages érigés par les militaires et pour encercler la résidence du Premier Ministre.

La MINUAR était perçue par certains extrémistes hutus comme un obstacle à leur plan d'extermination. Aussi, ont-ils adopté une stratégie visant à provoquer les militaires belges qui avaient le contingent le plus efficace et le mieux équipé de la MINUAR. L'objectif à terme était de forcer leur retrait.

Dans la nuit du 6 au 7 avril 1994, des soldats belges ont reçu l'ordre d'aller au domicile du Premier Ministre, Agathe Uwilingiyimana, pour l'escorter jusqu'à la Radio Nationale où elle devait prononcer un discours. Arrivés à la résidence de celle-ci vers 5h00 du matin, ils ont été attaqués par des militaires des Forces Armées Rwandaises (FAR), parmi lesquels des éléments de la Garde Présidentielle, du Bataillon Para Commando et de l’escadron A du Bataillon de Reconnaissance dirigé par le Capitaine Innocent Sagahutu sous le commandement de Nzuwonemeye. Par la suite, les 10 Para Commandos belges ont été désarmés et arrêtés, en compagnie des cinq soldats ghanéens qui assuraient la protection du premier ministre. Malgré leur reddition négociée et la promesse d'être conduits à une base de la MINUAR, les militaires belges et ghanéens ont été amenés au camp de Kigali où ils ont été attaqués et battus par des militaires rwandais comprenant des éléments du Bataillon de Reconnaissance dirigé par Nzuwonemeye, et ce devant des officiers de l’Armée Rwandaise. Alors que les militaires ghanéens ont été libérés, quatre militaires belges ont été tués sur le champ. Les six autres militaires belges ont résisté à plusieurs attaques pendant quelques heures avant d'être achevés.

Nzuwonemeye aurait ensuite rejoint une réunion à l'École Supérieure Militaire, à 100 mètres de là, après avoir quitté le camp de Kigali, alors que les attaques contre les soldats belges se poursuivaient et que quatre d’entre eux avaient déjà été tués. Il aurait poursuivi la réunion jusque vers 12h00. Le 13 avril 1994, en raison de la mort de 10 de ses soldats, la Belgique a décidé de retirer son contingent du Rwanda.

Dans la matinée du 7 avril 1994, le Premier Ministre, Madame Agathe Uwilingiyimana a été traquée, arrêtée, agressée sexuellement et tuée par des membres de l’Armée Rwandaise, plus particulièrement ceux de la Garde Présidentielle. Nzuwonemeye aurait ordonné à certains de ses soldats d'aller prêter main forte à la Garde Présidentielle pour assassiner le Premier Ministre. Parallèlement à cet assassinat, des membres de ces mêmes unités ont arrêté, séquestré et tué des leaders importants de l’opposition et des personnalités importantes de la communauté Tutsi.

D’avril à juillet 1994, les officiers de l’Etat-major de l’Armée, parmi lesquels Nzuwonemeye, ont participé à des réunions quotidiennes où ils ont été informés des massacres perpétrés contre la population civile tutsie et les Hutus modérés.

D’avril à juillet 1994, de par leurs fonctions, leurs propos, les ordres qu’ils ont donnés et leurs actes, Nzuwonemeye ainsi que le Général Augustin Bizimungu, le Général Augustin Ndindiliyimana, le Major Protais Mpiranya et le Capitaine Innocent Sagahutu (cf. «ramifications») auraient exercé une autorité sur les membres des FAR, leurs officiers et les miliciens. Ces militaires, gendarmes et miliciens ont commis dès le 6 avril des massacres contre la population tutsie et les Hutus modérés ainsi que d’autres crimes, incluant viols, agressions sexuelles et d’autres crimes de nature sexuelle, qui se sont étendus sur l’ensemble du territoire rwandais à la connaissance de Nzuwonemeye, Bizimungu, Ndindiliyimana, Mpiranya et de Sagahutu.

D’avril à juillet 1994, dans toutes les régions du pays, des membres de la population tutsie qui fuyaient les massacres sur leurs collines ont cherché refuge dans des endroits qu’ils croyaient sûrs, souvent sur recommandation des autorités locales, civiles et militaires. Dans plusieurs de ces endroits, malgré la promesse qu’ils seraient protégés par les autorités locales, civiles et militaires, les réfugiés ont été attaqués, enlevés et massacrés, par des militaires, des gendarmes et des miliciens, souvent sur les ordres ou avec la complicité de ces mêmes autorités. En outre, dans plusieurs de ces endroits, des militaires et des miliciens ont enlevé, tué et violé ou agressé sexuellement des femmes Tutsi. François-Xavier Nzuwonemeye en sa qualité de Commandant du Bataillon de Reconnaissance de l'Armée Rwandaise savait ou avait des raisons de savoir que ses subordonnées s’apprêtaient à commettre des crimes ou les avaient commis et n’a rien fait pour prévenir la commission de ces crimes ou pour en punir les auteurs.

Sachant que des massacres étaient commis contre la population civile, les autorités politiques et militaires, dont François-Xavier Nzuwonemeye faisait partie, n’ont entrepris aucune initiative ou pris aucune mesure pour les arrêter. Au contraire elles ont refusé d’intervenir pour contrôler et faire appel à la population pour autant qu’un accord de cessez-le-feu n’était pas signé.

En juillet 1994, face à l’avancée des troupes du FPR (Front patriotique rwandais, mouvement d'opposition composé essentiellement de réfugiés tutsis et dirigé par Paul Kagamé), Nzuwonemeye a fui le Rwanda.

Le 15 février 2000, il a été arrêté à Montauban, dans le sud-ouest de la France.
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 nationalité :
 Rwanda
 date de naissance :
 30.08.1955
  vu pour la dernière fois :
  Arusha (Tanzanie)
  période du procès :
  20.09.2004
  catégories de crime :
  Crimes contre l'humanité
Crimes de guerre
Génocide
  dernière modification du profil :
  12.01.2007
 
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