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 |  |  |  | Hassan Ngeze |  | | contexte : | Rwanda  | | lieu du procès : | TPIR (Rwanda)  | | statut : | Condamné | | description du statut : | Condamné en première instance à la prison à perpétuité; peine réduite à 35 ans par la Chambre d'appel le 28 novembre 2007 | | fonction : | Rédacteur en chef du journal Kangura et co-fondateur de la radio-télévision Mille Collines | |
|  | |  | Hassan Ngeze est né en 1957, dans la commune de Rubavu, préfecture de Gisenyi, au Rwanda.
Jusqu’en 1990, Ngeze occupe le poste de correspondant et distributeur à Gisenyi pour Kanguka («Réveille-toi»), un journal anti-ethniste qui critique le régime en place et notamment les militaires.
En 1990, il fonde le journal Kangura («Réveille-le») avec d’autres personnalités de «l’Akazu» (c’est-à-dire «la petite maison», l’entourage du Président Habyarimana). Le premier numéro sera entièrement financé par le service de renseignement de la présidence. La création de cette publication dont Ngeze sera le rédacteur en chef s’inscrit dans une stratégie étatique beaucoup plus vaste. Par la mise sur pied de véritables «médias de la haine», les autorités souhaitent diffuser le plus largement possible le message ethnique officiel. Ces médias auront une grande influence sur la population rwandaise et joueront un rôle essentiel dans le génocide. Ils seront parfois utilisés directement pour communiquer les listes de personnes à éliminer, mais également afin de provoquer de manière plus subtile un climat de tension permanent et une intensification de la haine interethnique (voir le lien internet ci-joint).
Kangura a par exemple publié «Les Dix Commandements des Bahutus» (décembre 1990), qui constitue un appel sans équivoque au mépris et à la haine de la minorité tutsie mais également une diffamation et une persécution à l’encontre des femmes tutsies.
En 1991, Hassan Ngeze (en collaboration notamment avec Jean-Bosco Barayagwiza) a planifié les tueries des Bagogwe (Tutsis du Nord) dans la commune de Mutura, préfecture de Gisenyi. Il a distribué des armes et de l’argent aux miliciens Interahamwe et Impuzamugambi qui ont commis les massacres. A la même époque, il a participé à des réunions présidées par Jean-Bosco Barayagwiza ou d’autres, au cours desquelles ils ont incité les milices et la population civile à tuer les Tutsi. Suite à ces réunions, des tutsi ont été attaqués et tués.
En 1993, dès de la fondation de la Radio Télévision Libre des Mille Collines (RTLM), Ngeze devient actionnaire de cette dernière et son correspondant à Gisenyi. Entre janvier 1994 et juillet 1994, des personnes ont été nommément désignées comme ennemies sur les ondes de RTLM. En tant qu’informateur à Gisenyi, Ngeze a envoyé à la RTLM le nom d’un individu de Gisenyi, qui a été diffusé par cette radio en avril 1994.
De 1990 à 1994, Ngeze, est considéré de par son influence comme un organe de facto du régime du Président Habyarimana. Il s’en défendra toujours en invoquant qu’il a été emprisonné plusieurs fois par ce même régime durant cette période : il est en tout cas avéré qu’il a été emprisonné pour haute trahison de juillet à octobre 1990.
Au moment des faits (le TPIR, en vertu de l’article 1er de son statut ne peut connaître que des faits survenus entre le 1er janvier 1994 et le 31 décembre 1994), Ngeze était rédacteur en chef de Kangura. Fondateur du mouvement pour la défense de la République (CDR), il était également un membre influent de ce parti, et l’un des chefs des miliciens dans la Préfecture de Gisenyi. Hassan Ngeze était auparavant un membre du mouvement Républicain National pour le développement (MRND), le parti du Président.
En tant que rédacteur en chef du journal Kangura, Ngeze avait une autorité et un contrôle sur les employés dans sa rédaction, y compris les journalistes. De plus, en tant que membre important de la CDR, ancien membre de la MRND, et l’un des chefs des miliciens à Gisenyi, il exerçait une autorité sur les miliciens Interahamwe (MRND) et Impuzamugambi (CDR).
En avril, mai et juin 1994, Ngeze a été interviewé sur la RTLM et Radio Rwanda. Au cours de ces entretiens, il a appelé à l’extermination des Tutsis et des Hutus de l’opposition. Il a également défendu l’idéologie extrémiste hutue de la CDR.
De juin 1993 jusqu’à sa fuite, Ngeze a distribué des armes à de nombreux civils dévoués à la cause des FAR (Forces Armées Rwandaises) dans la préfecture de Gisenyi. En 1993 il a également distribué dans cette même région des listes portant les noms de Tutsis et de Hutus modérés à éliminer (listes élaborées par les bourgmestres et des conseillers des secteurs dans la préfecture de Gisenyi). Ngeze savait que les personnes figurant sur cette liste seraient tuées.
Durant l’année 1994, Kangura a publié des listes avec les noms de membres de la population tutsie et de hutue modérés à éliminer. Ces listes ont été utilisées par les militaires et miliciens dans les massacres qu’ils ont perpétrés entre le 7 avril et la fin juillet 1994.
A partir d’avril 1994, Ngeze a participé en tant que leader d’Interahamwe à de nombreuses tueries dans la préfecture de Gisenyi. Au lieu dit la « Commune Rouge » où avaient lieu de nombreux massacres, il supervisait les fosses communes et félicitait les Interahamwe pour leur bon travail.
Entre avril et juillet 1994, Hassan Ngeze, en tant que chef des Interahamwe, incitait ces derniers à commettre des viols et des agressions sexuelles sur le territoire de la Préfecture de Gisenyi.
Durant la même période, des groupes de miliciens dirigés par des responsables de la CDR, dont Hassan Ngeze, ont traqué, enlevé et tué plusieurs membres de la population tutsie et des Hutus modérés de Gisenyi. De plus, beaucoup de maisons de Tutsis ont été pillées, détruites ou incendiées. Hassan Ngeze n’a pris aucune mesure pour empêcher ces actes, alors qu’il en avait connaissance (ou aurait dû en avoir connaissance).
Le 10 avril, Ngeze a tiré une balle dans les côtes d’une jeune fille tutsie. Mourante, la fille a été achevée à coups de pierres par les Interahamwe qui accompagnaient Ngeze.
Face à l’avancée des troupes du FPR, Ngeze a fui le Rwanda. Il a été arrêté au Kenya le 18 juillet 1997. |  | pour en savoir plus... |  | Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente. |  |  |  | | nationalité : | | | Rwanda |  | | date de naissance : | | | 25.12.1957 |  | | vu pour la dernière fois : | | | Arusha (Tanzanie) |  | | période des faits : | | | 01.01.1994 - 31.12.1994 |  | | période du procès : | | | 23.10.2000 - 08.12.2003 |  | | catégories de crime : | | | Crimes contre l'humanité Génocide |  | | dernière modification du profil : | | | 23.01.2008 |
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