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 |  |  |  | Jeffrey Chessani |  | | contexte : | Irak  | | lieu du procès : | Etats-Unis  | | statut : | Décision d'incompétence - classement | | description du statut : | Accusé devant une cour martiale américaine pour manquement aux devoirs dans l'affaire Haditha; procédure classée le 17 juin 2008 | | fonction : | Lieutenant-colonel dans le corps des Marines, commandant de la compagnie Kilo du 3ème Bataillon du 1er Régiment de Marines en Iraq | |
|  | |  | Jeffrey Chessani, né en 1964, est originaire de la petite ville de Rangely dans Colorado (USA). En 1988, il obtient une licence universitaire de la University of Northern Colorado. Durant sa carrière militaire, il participe notamment à l'Opération Juste Cause lors de l'invasion du Panama en 1989, ainsi qu'à la guerre du Golf. A l'éclatement du conflit irakien, il est lieutenant-colonel dans le corps des Marines.
En Irak, Chessani commande la compagnie Kilo du 3ème Bataillon du 1er Régiment de Marines. Ses troupes sont basées dans une région agricole située sur l'Euphrate à 250km au Nord-Ouest de Bagdad. Dans cette zone, les forces américaines et irakiennes se sont battues en vain contre des insurgés étrangers et locaux durant une bonne partie de la guerre. Les hommes de Chessani sont la principale cible américaine d'attaques ennemies. La compagnie a déjà perdu une vingtaine de soldats au moment des faits.
Le 19 novembre 2005 au matin, une bombe explose au passage d'un convoi de marines, non loin du village d'Haditha. L'explosif aurait été déposé par les rebelles. Le caporal Miguel Terrazas, 20 ans, meurt sur le coup. Deux autres soldats sont blessés.
Vraisemblablement troublés, les hommes de l'unité sont accusés d’avoir réagi en mitraillant un taxi qui circulait sur la route. Ils auraient assassiné ses cinq occupants, âgés de 18 à 25 ans. Les militaires se seraient ensuite rendus au village d'Haditha. Ils seraient entrés par effraction dans plusieurs maisons et auraient tués froidement ceux qui s'y trouvent. Ils n'auraient épargné personne: femmes, enfants, vieillards. Vingt-quatre civils auraient ainsi été assassinés.
Après le drame, plusieurs villageois se sont rendus à la base militaire la plus proche pour réclamer justice. Les marines sont allégués d’avoir offert à certaines familles jusqu'à 2500 dollars en échange de leur silence, afin de camoufler les faits.
Le lendemain, l'Armée donne une première version des faits. Le communiqué du 20 novembre 2005 indique qu'une bombe artisanale aurait tué un soldat américain et 15 civils; les échanges de tirs ultérieurs auraient fait huit morts parmi les insurgés irakiens.
Dans un premier temps, même le Pentagone dément l'affaire. Il faut attendre plusieurs mois avant que le Président américain George W. Bush promette la poursuite des coupables.
Malgré les accusations de témoins irakiens, aucune enquête n'est ouverte jusqu'en janvier 2006. C'est à cette date qu'une vidéo diffusée par un étudiant irakien actif dans la défense des droits de l'Homme révèle la vérité. Les images des cadavres à la morgue démontrent qu'il ne s'agissait pas d'insurgés: des femmes et des enfants sont en pyjama, un vieillard tient un Coran entre ses mains. Par ailleurs, les divers témoignages de villageois recueillis sur cette bande corroborent parfaitement.
En mars 2006, un article du Time magazine révèle le drame à l'opinion publique américaine et confirme que des soldats américains se sont livrés à un véritable massacre. La coupure précise que les militaires ont tenté de dissimuler la vérité avec le concours de leur hiérarchie, dont Chessani fait partie. Cette annonce publique oblige l'Armée à ouvrir deux enquêtes internes, dont l'une aboutira à une procédure judiciaire.
La tuerie d’Haditha constitue potentiellement le crime de guerre le plus grave reproché aux forces américaines en Irak. Cependant, l’aspect qui a provoqué le criticisme le plus féroce réside dans les efforts allégués de l'Armée et du Gouvernement américain pour étouffer l'affaire et présenter le plus longtemps possible une version falsifiée des faits.
Avril 2006, les soldats de la Compagnie Kilo sont relevés de leurs fonctions et rapatriés en Californie. Chessani est relevé de son commandement, ainsi que deux de ses commandants de compagnie. Les autorités militaires affirment que la perte de confiance dans ces trois hommes résulterait d'une série d'incidents non spécifiés.
Le 19 octobre 2007, le le général James Mattis décide de renvoyer Chessani en Cour martiale. |  | pour en savoir plus... |  | Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente. |  |  |  | | vu pour la dernière fois : | | | États Unis |  | | période des faits : | | | 19.11.2005 |  | | catégories de crime : | | | Crimes de guerre |  | | dernière modification du profil : | | | 18.06.2008 |
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