Vincent Ntezimana était président de l’Association du personnel académique de l’Université de Butare. De nombreux employés de l’université le prièrent d’organiser leur évacuation après la violente explosion du génocide rwandais. A cet effet, il rédigea, avec l’accord du vice-recteur, trois listes mentionnant les noms de personnes désirant fuir. L’une des listes ne contenait que les noms de Tutsis désirant atteindre le Burundi. Il remit ces listes au vice-recteur, qui par la suite fut désigné comme l’un des principaux responsables de la mort de nombreux employés de l’université. En outre, Ntezimana a empêché la fuite individuelle de quelques familles en les assurant qu’elles pourraient profiter d’une évacuation collective avec le soutien de l’université.
On reprocha aussi à Ntezimana d’avoir participé à l’assassinat de cinq membres de la famille Karenzi. Il aurait donné par téléphone son accord à l’assassinat de la femme et des enfants d’un de ses collègues de l’université.
De plus, Ntezimana n’est pas intervenu quand l’un de ses employés a tué une jeune femme grièvement blessée dans son jardin alors qu’elle s’y était réfugiée. Il prit part également à l’assassinat d’un jeune homme. Il lui a donné des coups avant que le même employé ne l’assomme avec la crosse d’un fusil.
On lui reproche également d’avoir dénoncé une femme et son petit enfant aux militaires. La femme et l’enfant furent tués peu après.
Après le génocide, Ntezimana quitta le Rwanda et demanda asile à la Belgique.
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.