A la fin de la guerre, Shigenori Togo est arrêté et incarcéré à la prison de Sugamo comme criminel de classe A pour être traduit devant le Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient, mis en place par les forces alliées, où il est accusé des chefs suivants :
- n°1 : responsabilité pour le déclenchement de guerres d’agression et de guerres en violation du droit international,
- n°27 : guerre d’agression contre la Chine,
- n°29 : guerre d’agression contre les Etats-Unis,
- n°31 : guerre d’agression contre le Commonwealth britannique,
- n°32 : guerre d’agression contre les Pays-Bas,
- n°36: guerre d’agression contre l’URSS,
- n°54 : autorisation de violations des lois et coutumes de la guerre,
- n°55 : manquement à l’obligation de prendre toutes les mesures adéquates pour imposer le respect et prévenir les violations des conventions et des lois et coutumes de la guerre.
Lors de l’examen de sa culpabilité au regard du chef d’accusation n°36, l’accusation n’a pas pu trouver de preuves suffisantes d’un comportement criminel de sa part, son rôle s’étant borné à signer, en sa qualité de Ministre des affaires étrangères, l’accord entre les autorités russes et japonaises relatif à la frontière entre la Mandchourie et la Mongolie extérieure.
Par ailleurs, le procureur n’a relevé aucune négligence de sa part quant à ses obligations relatives à la prévention de la commission de crimes de guerre, Togo ayant transmis aux autorités responsables toutes les protestations concernant la commission de tels crimes par les troupes japonaises, remplissant ainsi son devoir de supérieur.
Cependant, tout en reconnaissant que Shigenori Togo était un anti-militariste, partisan de la paix, l’accusation lui a reproché sa lâcheté. De l’avis du procureur, Togo aurait dû, de part sa position, s’opposer de manière plus ferme à la guerre. Pour sa défense, Togo explique n’avoir rejoint le cabinet Tojo que parce qu’il était persuadé que les négociations avec les Etats-Unis seraient fructueuses, et que dès sa prise de fonction il s’est opposé à l’armée, obtenant des concessions de sa part permettant de continuer les négociations. Il considère également qu’il aurait été lâche de démissionner une fois la guerre déclarée.
Le 12 novembre 1948, Shigenori Togo est reconnu coupable des chefs d’accusation n°1, 27, 29, 31 et 32, mais non coupable pour les autres.
Il est condamné à 20 ans de prison.
Shigenori Togo décède le 23 juillet 1950 dans un hôpital militaire américain. |