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 |  |  |  | Callixte Nzabonimana |  | | contexte : | Rwanda  | | lieu du procès : | TPIR (Rwanda)  | | statut : | Inculpé | | description du statut : | Arrêté le 18 février 2008 en Tansanie et transféré au siège du TPIR à Arusha | | fonction : | Ministre de la Jeunesse et du Sport | |
|  | |  | Calixte Nzabonimana est né, à une date inconnue, dans la préfecture de Gitarama, au Rwanda. Il a été ministre du Plan au sein des gouvernements du 15 janvier 1989, du 4 février 1991, du 31 décembre 1991 et du 16 avril 1992. Le 9 avril 1994, il a été nommé ministre de la jeunesse au sein du gouvernement intérimaire. Il a occupé ce poste jusqu’à la mi-juillet 1994. En cette qualité, il était responsable de la politique gouvernementale adoptée dans le secteur de la jeunesse. Il exerçait une autorité et un contrôle sur l’ensemble des institutions et du personnel de son ministère. Par ailleurs, il était membre du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), le parti présidentiel. En cette qualité, il exerçait une influence sur les bourgmestres et les miliciens de la préfecture de Gitarama.
De fin 1990 à juillet 1994, Nzabonimana aurait adhéré, exécuté et participé à l’élaboration d’un plan visant à l’extermination des Tutsis. Ce plan comportait, entre autres éléments, le recours à la haine et à la violence ethnique, l’entraînement et la distribution d’armes aux miliciens ainsi que la rédaction de listes de personnes à éliminer. Dans l’organisation de ce plan, il aurait organisé, ordonné et participé aux massacres.
D'avril à juillet 1994, Nzabonimana aurait incité publiquement à la haine et à la violence contre les Tutsis. Ainsi, entre le 24 avril et le 14 juillet 1994, Nzabonimana se serait rendu, seul ou avec d'autres, dans plusieurs préfectures du Rwanda pour inciter et encourager la population à commettre des massacres, notamment en félicitant leurs auteurs.
Entre le 9 avril et le 14 juillet 1994, de nombreuses réunions du Conseil des Ministres du gouvernement intérimaire se sont tenues. Durant cette période, Nzabonimana était régulièrement tenu informé de la situation des massacres. A plusieurs occasions lors de ces réunions, il aurait exigé des armes pour les distribuer dans sa préfecture, sachant qu'elles seraient utilisées pour les massacres.
Selon l’acte d’accusation, d'avril à juillet 1994, de par ses fonctions, ses propos, les ordres et directives qu'il a donné et ses actes ou omissions, Nzabonimana a exercé une autorité sur les autorités locales et les Interahamwe (milices extrémistes hutues). Ces autorités et ces miliciens, en complicité avec des militaires, ont commis dès 6 avril 1994 des massacres contre la population tutsie et les Hutus modérés qui se sont étendus sur l'ensemble du territoire rwandais à la connaissance de Nzabonimana. De plus, à partir du 7 avril 1994, sur les ordres et directives de Nzabonimana, des Interahamwe (milices extrémistes hutues), des militaires et des gendarmes auraient perpétré des massacres de la population tutsie.
Entre avril et juillet 1994, à Gitarama, les bourgmestres qui avaient refusé les directives du gouvernement, tendant à massacrer les Tutsis ou qui n'avaient pas montré suffisamment de zèle dans l'exécution de ces directives, comme dans beaucoup d'autres régions, se sont vus réprimandés ou même parfois molestés devant leurs administrés avant d'être limogés ou pire encore liquidés physiquement. Ainsi, Nzabonimana, avec la participation des Interahamwe, a publiquement battu le bourgmestre Rubogwe dans les bureaux de sa commune. D'ailleurs, Nzabonimana était le principal artisan des changements des bourgmestres à Gitarama étant le seul ministre de cette région et celui chargé de la pacification.
Durant les évènements de 1994, Nzabonimana a joué un rôle important dans la commission des massacres des Tutsis à Gitarama. Il a fréquemment rendu visite aux bourgmestres pour organiser avec eux les massacres dans leur commune. En outre, il a personnellement sillonné les collines en compagnie des paysans pour être sûr que ces derniers exécutaient bien les ordres qui leur ont été donnés de tuer les Tutsis.
Sachant que des massacres étaient commis contre la population civile, les autorités politiques et militaires, dont Nzabonimana faisait partie, n'ont pris aucune disposition pour les arrêter. Au contraire, ils ont refusé d'intervenir pour contrôler et faire appel à la population tant qu'un accord de cessez-le-feu ne serait pas ordonné.
En juillet 1994, face à l’avancée des troupes du FPR (Front patriotique rwandais, mouvement d'opposition composé essentiellement de réfugiés Tutsi et dirigé par Paul Kagame), Nzabonimana a fui le Rwanda. |  | pour en savoir plus... |  | Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente. |  |  |  | | vu pour la dernière fois : | | | Arusha, Tansanie |  | | catégories de crime : | | | Crimes contre l'humanité Crimes de guerre Génocide |  | | dernière modification du profil : | | | 22.02.2008 |
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