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 |  |  |  | Idelphonse Nizeyimana |  | | contexte : | Rwanda  | | lieu du procès : | TPIR (Rwanda)  | | statut : | Inculpé | | description du statut : | Arrêté en Ouganda le 5 Octobre 2009 et transféré au TPIR; a plaidé non-coupable le 14 Octobre 2009; procédure de défense a débuté le 9 mars 2010 | | fonction : | Commandant second des opérations militaires et des renseignements à l'École des sous-officiers (Capitaine) | |
|  | |  | IIdelphonse Nizeyimana est né dans la préfecture de Gisenyi, au Rwanda. Il a été Commandant second des opérations militaires et des renseignements (S2 et S3) à l'École des sous-officiers (ESO), située à Butare. Il avait le rang de capitaine. En cette qualité, il exerçait une autorité sur les soldats et le personnel du camp. De plus, Nizeyimana était un membre de l'«Akazu» (littéralement «la petite maison»; terme employé pour désigner l’entourage du Président Habyarimana). En cette qualité, il exerçait une autorité de facto sur les officiers et les soldats de l'ESO.
De fin 1990 à juillet 1994, Nizeyimana aurait adhéré, exécuté et participé à l’élaboration d’un plan visant à l’extermination des Tutsis. Ce plan comportait, entre autres éléments, le recours à la haine et à la violence ethnique, l’entraînement et la distribution d’armes aux miliciens ainsi que la rédaction de listes de personnes à éliminer. Dans l’exécution de ce plan, il aurait organisé, ordonné et participé aux massacres.
D’avril à juillet 1994, Nizeyimana aurait participé à l'extermination des Tutsis et des Hutus modérés.
Le 19 avril 1994, la cérémonie de prise de fonctions du nouveau préfet, Sylvain Nsabimana (cf. «ramifications») organisée à Butare, a donné lieu à un grand rassemblement. À cette occasion, le Président (ad interim) Théodore Sindikubwabo a prononcé un discours incendiaire, appelant ouvertement et explicitement la population de Butare à suivre l’exemple des autres préfectures et à commencer les massacres. Étant donné qu'il était présent à la cérémonie et qu'il ne s'est pas dissocié des déclarations du président de la République, le capitaine Nizeyimana aurait clairement indiqué à la population qu'il approuvait ces massacres.
Le capitaine Nizeyimana aurait, dans la plupart des cas, incité, encouragé, facilité et/ou approuvé, entre autres actes, les meurtres, les enlèvements et les destructions de biens perpétrés par les Interahamwe (milices extrémistes hutues) et les soldats.
Nizeyimana, par son autorité de facto, aurait mis en place des unités secrètes composées d'éléments extrémistes à qui ils confiaient des missions secrètes. Le 20 avril, lors de l'une de ces missions secrètes, Nizeyimana aurait envoyé des soldats - dirigés par le lieutenant Pierre Bizimana - à la maison de la Reine douairière, Rosalie Gicanda, une figure symbolique pour tous les Tutsis (elle était la veuve du Roi Mutara III du Rwanda), et aurait donné l’ordre de son exécution.
Le 27 avril 1994, le gouvernement intérimaire a ordonné la mise en place de barrages routiers, sachant que ces dispositifs servaient à identifier les Tutsis et leurs «complices» aux fins de leur élimination. Ces ordres ont été suivis. Il est reproché au capitaine Nizeyimana d’avoir déjà, au cours du mois d'avril, ordonné la mise en place des barrages à des endroits stratégiques de Butare. Ces postes de contrôle devaient officiellement servir à rechercher les armes et à prévenir toute infiltration de l’ennemi. Toutefois, de nombreux civils y étaient tués.
En outre, à l’époque des faits, des soldats de l’ESO se sont rendus à l’Université du Rwanda à Butare pour tuer les enseignants et les étudiants tutsis, dans le cadre du plan d’extermination des intellectuels tutsis. Le capitaine Nizeyimana, en raison de l’autorité qu’il avait sur les soldats de l’ESO et du caractère généralisé de ces massacres, savait ou avait des raisons de savoir que ces actes se commettaient et n’auraient pas pris de mesures pour les prévenir, pour y mettre fin ou pour en punir les auteurs. Par ailleurs, Nizeyimana aurait ordonné aux soldats d'exécuter des familles entières suspectées d'être tutsies, comme la famille Ruhutinyanya par exemple.
Dans la majorité des cas, le capitaine Nizeyimana aurait ordonné directement aux soldats et autres miliciens de lancer les attaques, et leur aurait fourni un soutien matériel consistant, par exemple en moyens de transport et en grenades. Nizeyimana aurait aussi fourni une jeep pour l'enlèvement et le meurtre de quatre civils à Rwasave.
Lors de plusieurs attaques, de nombreuses femmes et filles ont été violées et ont subi des violences sexuelles; ces viols et ces violences étant commis par des Interahamwe. Nizeyimana, en raison de sa position d’autorité et du caractère généralisé de ces actes, savait ou avait des raisons de savoir que ceux-ci se commettaient, mais n’aurait pas pris de mesures pour les prévenir, y mettre fin ou en punir les auteurs. Dans la plupart des cas, les viols étaient aggravés en ce qu’ils étaient collectifs, multiples, commis sur de jeunes filles vierges ou sur des filles en présence de leurs mères ou d’autres membres de leurs familles. De plus, les personnes concernées subissaient des violences et des traitements dégradants. La plupart de ces actes de violence sexuelle s’accompagnaient du meurtre de la victime.
À l’époque des faits, Nizeyimana aurait également participé à l’établissement de listes de personnes à éliminer, en majorité des intellectuels tutsis et des Tutsis influents, et/ou aurait identifié ces personnes. Ces listes étaient remises aux soldats et aux miliciens avec ordre d’arrêter et/ou de tuer les personnes dont les noms y figuraient. Les soldats et les Interahamwe exécutaient ensuite l’ordre ainsi donné.
Par ailleurs, le 30 avril 1994 ou vers cette date, la paroisse de Ngoma a été attaquée. Là encore, il est reproché au capitaine Nizeyimana, en raison de sa position d’autorité et du caractère généralisé de ces massacres, d’avoir su ou d’avoir eu des raisons de savoir que ces actes se commettaient, mais de ne pas avoir pris de mesures pour les prévenir, y mettre fin ou en punir les auteurs. Nizeyimana, en tant que personne influente, n’a pas assuré la sûreté ou la sécurité des réfugiés, mais aurait au contraire encouragé les attaques.
Auparavant, le 24 avril ou vers cette date, les réfugiés du Groupe scolaire composés d’orphelins évacués du centre de la Croix-Rouge de Kacyiru et d’autres orphelinats ont été attaqués par des soldats de l’ESO. Il est reproché à Nizeyimana d’avoir envoyé les soldats de l’ESO pour prendre part à cette attaque.
En juin ou juillet 1994, face à l’avancée des troupes du FPR (Front patriotique rwandais, mouvement d'opposition composé essentiellement de réfugiés tutsis et dirigé par Paul Kagame), Nizeyimana a fui le Rwanda. A ce jour, il n'a pas encore été arrêté. |  | pour en savoir plus... |  | Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente. |  |  |  | | vu pour la dernière fois : | | | Arusha, Tansanie |  | | catégories de crime : | | | Crimes contre l'humanité Génocide |  | | dernière modification du profil : | | | 09.03.2010 |
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