   | Vous avez une information à partager ? Ou une correction à apporter ? cliquez ici...
|
|
 |  |  |  | Juvénal Rugambarara |  | | contexte : | Rwanda  | | lieu du procès : | TPIR (Rwanda)  | | statut : | Condamné | | description du statut : | A plaidé coupable du crime contre l'humanité (extermination) le 13 juillet 2007; condamné à 11 ans d'emprisonnement le 16 novembre 2007 | | fonction : | Bourgmestre de Bicumbi | |
|  | |  | Juvénal Rugambarara serait né dans la commune de Musana ou de Tare, préfecture de Kigali-rural, au Rwanda. Médecin de formation, Rugambarara a exercé au centre médical de la commune de Bicumbi. Il était une personnalité connue et influente. Le 16 septembre 1993, il a été nommé bourgmestre de la commune de Bicumbi, dans la préfecture de Kigali-rural, succédant à Laurent Semanza qui lui a assuré son soutien politique et était son confident. Il a occupé ce poste jusqu’à son départ du Rwanda au début de l'été 1994. En cette qualité, il était le représentant du pouvoir exécutif au niveau de sa commune. Il exerçait son autorité sur ses subordonnés et pouvait réquisitionner la police communale.
De fin 1990 à juillet 1994, Rugambarara aurait participé à l’élaboration, adhéré à et exécuté un plan visant à l’extermination des Tutsis au niveau de sa commune. Ce plan comportait, entre autres éléments, le recours à la haine et à la violence ethnique, l’entraînement et la distribution d’armes aux miliciens ainsi que la rédaction de listes de personnes à éliminer. Dans la mise en oeuvre de ce plan, il aurait organisé, ordonné et participé aux massacres.
Entre le 1er janvier et le 30 avril 1994, Rugambarara et d’autres personnalités influentes, telles que Laurent Semanza et Paul Bisengimana (cf. ramifications), auraient tenu des réunions durant lesquelles ils auraient menacé les Tutsis et les personnes qui n’étaient pas membres du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND, le parti présidentiel).
En avril 1994, Rugambarara et d’autres auraient également participé à des réunions privées chez Paul Bisengimana, durant lesquelles Rugambarara aurait été informé des plans concernant les attaques de l’église de Musha et de la commune de Gikoro et les aurait approuvés.
Dès le début de l’année 1994, Rugambarara et d’autres personnalités influentes auraient recruté des jeunes qui auraient été entraînés et incités à commettre des actes de génocide contre les Tutsis. De plus, Rugambarara aurait pris part à la formation militaire d’Interahamwe et aurait été chargé de les entraîner à Nzige. Il aurait même participé aux exercices de tirs.
Dès avril 1994, Rugambarara aurait eu un dépôt d'armes dans son bureau et en aurait supervisé la distribution aux Interahamwe. Le 7 avril 1994, vers 15 heures, Rugambarara aurait distribué des armes à feu aux Interahamwe et les aurait conduits à Ngize où il leur aurait donné l’ordre de commencer les tueries contre les Tutsis avant de lui-même prendre part aux attaques.
Le 8 avril 1994, lors de l'attaque lancée contres les Tutsis dans le secteur de Nawe, Rugambarara serait arrivé sur place à bord d'un véhicule rempli de machettes et aurait encouragé la foule présente à combattre les Tutsis. Durant cette attaque, des viols sur les femmes tutsies auraient été commis par des Interahamwe sous les ordres de Rugambarara.
Vers le 9 avril 1994, Rugambarara et d'autres auraient attaqué les réfugiés à Rwamagana au fusil et à la grenade, causant ainsi la mort d'au moins 15 personnes.
A partir du 10 avril 1994, des réfugiés tutsis se sont rassemblés sur la colline de Munini dans le secteur de Mwulire. Le même jour, ils ont été attaqués par des Interahamwe qui y auraient été conduits par Rugambarara. Les attaques ont été quotidiennes pendant une semaine et Rugambarara aurait organisé l'arrivée de davantage d'Interahamwe et d'éléments de la garde présidentielle. Le 18 avril 1994, la quasi-totalité des réfugiés avait été décimée.
Le 11 avril 1994, les attaques contre les Tutsis ont continué dans le secteur de Rubona et Rugambarara en sa qualité de bourgmestre n'a rien fait pour prévenir l'attaque ni en punir les auteurs.
Le 12 avril 1994, Rugambarara aurait demandé de l'aide au camp de Kanombe et aurait reçu des kalachnikovs de type G3 et des grenades qui auraient été distribués aux chefs Interahamwe de la commune. Le même jour, vers 17 heures, Rugambarara aurait conduit des Interahamwe au domicile du conseiller de secteur de Rubona. Environ une heure après l'arrivée de Rugambarara et des Interahamwe, une attaque aurait été lancée contre les Tutsis de la commune et elle aurait continué pendant de nombreuses semaines. Durant cette attaque, des viols ont été commis sur les femmes tutsies, notamment par des Interahamwe.
Entre le 9 et le 13 avril 1994, Rugambarara, en sa qualité de bourgmestre, aurait collaboré étroitement avec d'autres pour organiser le transport des militaires, des Interahamwe, des armes et du carburant afin de perpétrer des massacres dans la paroisse de Musha dans la commune de Gikoro, où plusieurs milliers de personnes s'étaient mises à l'abri des tueries commises dans leur région. Le 13 avril 1994, les tueries dans l'église de Musha ont commencé et la quasi-totalité des réfugiés a été décimée. Pendant qu'elles se déroulaient, Rugambarara était présent et regardait ce qui se passait. Il n'a pris aucune mesure pour mettre fin à ces attaques. A cette date, il aurait aussi – avec Laurent Semanza et Paul Bisengimana – établi des listes de certains réfugiés de l'église, qu'ils auraient ensuite sélectionnés pour les torturer et les tuer eux-mêmes. Après les tueries du 13 avril 1994 à l'église de Musha, Rugambarara, Semanza et Bisengimana auraient envoyé chercher des camions pour transporter les cadavres dans des fosses communes.
Le 18 juin, Rugambarara, Semanza et Bisengimana auraient tenu des réunions avec les Interahamwe pour discuter du massacre des Tutsis à l'église de Gikoro, qui ont été tués par la suite.
Au début de l'été 1994, face à l’avancée des troupes du FPR (Front patriotique rwandais, mouvement d'opposition composé essentiellement de réfugiés tutsis et dirigé par Paul Kagame), Rugambarara a fui le Rwanda en direction de la République démocratique du Congo. En 1997, il se serait rendu en Ouganda où il se serait reconverti comme planteur de tabac et vivait sous un faux nom. Le 11 août 2003, il a été arrêté en Uganda par Interpol. |  | pour en savoir plus... |  | Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente. |  |  |  | | vu pour la dernière fois : | | | Arusha (Tanzanie) |  | | catégories de crime : | | | Crimes contre l'humanité Crimes de guerre Génocide |  | | dernière modification du profil : | | | 23.11.2007 |
|  |
 | |  |
|
|