Recommandations

Playing by the Rules

Applying International Humanitarian Law to Video and Computer Games

(Respecter les règles du jeu - Appliquer le droit international humanitaire aux jeux vidéo)

Un
rapport de TRIAL et Pro Juventute

L’analyse effectuée par Pro Juventute et TRIAL s’est concentrée sur les jeux vidéo car, à l’opposé de la littérature ou des films, où le spectateur a un rôle passif, les jeux vidéo requièrent un rôle actif de la part du joueur. De plus, les jeux vidéo ont atteint un tel niveau de réalisme qu’ils sont couramment utilisés dans le cadre de formations militaires et se déroulent dans des zones de conflits contemporains (Afghanistan ou l’Irak).

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Le rapport cherche à sensibiliser les développeurs et distributeurs de jeux vidéo de guerre afin de les encourager à y intégrer les règles qui, dans la réalité, s’appliquent à de tels conflits, à savoir le droit international humanitaire et les droits humains. Ceci afin d’éviter de donner l’impression qu’il n’existe aucune limite lors de conflits et autres situations extrêmes, ce qui est foncièrement faux.

Pro Juventute et TRIAL ont sélectionné vingt jeux et les ont analysés selon une liste de violations identifiées par des spécialistes en droit international humanitaire. Les jeux ont alors été notés selon l’intensité des violations constatées. Ainsi, lorsque un comportement en violation des règles contemporaines en matière de conflits armés est sanctionné par le jeu, celui-ci se voit accordé la note « bon ». Lorsque ces violations sont commises par l’ennemi (et non par le joueur), le jeu est noté « moyen ». Lorsque le joueur peut choisir de violer ces règles mais qu’il n’est pas obligé de le faire pour réussir la partie, le jeu est qualifié de « modéré ». Enfin, lorsque de telles violations sont requises pour réussir la partie, le jeu est considéré comme étant « dur ».

Le rapport a identifié que même si certains jeux intègrent des règles qui encouragent le jouer à respecter les droits humains et le droit international humanitaire, la plupart contiennent des éléments qui sont en conflit avec ces standards internationaux. La violation rencontrée la plus fréquemment est celle des principes de distinction et de proportionnalité, par exemple des attaques indiscriminées contre des civils ou lors de destructions de propriétés appartenant à des civils. Une autre violation régulièrement constatée est le traitement cruel, inhumain ou dégradant généralement dans le cadre d’interrogatoires qui se terminent par une exécution sommaire. Des attaques directes contre des civils sont également régulièrement répertoriées, les victimes étant souvent des otages ou des civils présents dans un village.

Le rapport recommande donc aux producteurs de jeux vidéo d’éviter de développer des scénarios qui pourraient trop facilement mené à des violations des règles régissant les conflits armés. Plus généralement, le rapport souligne que, ainsi que certains jeux l’illustrent, il existe des moyens d’intégrer des règles qui encouragent les joueurs à respecter les droits humains et le droit international humanitaire. Cette approche devrait être développée plus en avant, afin de produire des joueurs dotée d’une meilleure perception de ce qui est légal ou pas dans le cadre d’un conflit armé ou d’opérations de police. Une telle approche ne rendrait en définitive les jeux que plus réels encore.